- Les manifestants pro-Tibétains ont harcelé lundi les porteurs de la flamme olympique à Paris, obligeant finalement les organisateurs à interrompre le relais avant son terme et transformant cette journée en véritable fiasco, après une étape londonienne déjà chahutée.
Peu avant 17h00 (15h00 GMT), les organisateurs, harcelés par les militants depuis le départ de la Tour Eiffel à la mi-journée, ont jeté l'éponge. Ils ont décidé d'annuler les derniers relais et de convoyer la flamme en bus jusqu'à son lieu d'arrivée, le stade Charléty, dans le sud de la capitale.
Le relais a été interrompu au niveau de l'Assemblée nationale, où une quarantaine de députés de tous les groupes politiques ont manifesté, ceints de leur écharpe tricolore, dans l'enceinte du parlement, dans le jardin donnant sur le pont de la Concorde. Tous scandaient "Liberté pour le Tibet", avant d'entonner la Marseillaise.
Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, a déploré que les jeux Olympiques de Pékin "tournent à la farce sinistre avant même d'avoir commencé".
Peu avant, une cérémonie prévue devant l'Hôtel de Ville avait été annulée à la demande des officiels chinois, alors que des élus venaient de déployer sur la façade une banderole de l'association Reporters sans frontières (RSF) montrant des menottes figurant les anneaux olympiques, ainsi qu'un drapeau tibétain.
Dans trois lieux symboliques, sur la Tour Eiffel, sur les Champs-Elysées et sur la façade de Notre-Dame de Paris, les militants de RSF ont réussi à déployer leur banderole.
A plusieurs reprises, des militants ont tenté d'éteindre la flamme olympique sur le parcours avant d'être écartés par les forces de l'ordre, en nombre impressionnant autour des porteurs de la torche. Les organisateurs ont dû se résoudre à protéger la flamme plusieurs fois en la faisant monter dans l'autocar qui suivait les relayeurs.
Le Comité d'organisation des jeux Olympiques de Pékin (Bocog) avait "fermement" condamné lundi les incidents qui avaient émaillé dimanche le passage de la flamme olympique à Londres, accusant les "séparatistes tibétains".
Un impressionnant dispositif de sécurité, digne de la protection d'un chef d'Etat, avait été mis en place à Paris avec pas moins de 3.000 policiers, sur terre, dans les airs et même sur la Seine. La protection rapprochée de la flamme était composée de 65 motards, 100 policiers en rollers et autant de pompiers de Paris joggeurs.
La torche devait initialement être portée par 80 relayeurs sur les 28 km du parcours.
La flamme olympique doit quitter la France lundi soir à destination de San Francisco (Etats-Unis), où d'importantes mesures de sécurité seront déployées.